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La création de retenues d’eau artificielles

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Le printemps 2011 restera dans les mémoires pour sa sécheresse et ses impacts sur les exploitations agricoles. Suite à cet épisode, la profession agricole s’interroge sur l’accès à l’eau afin d’être moins sensible aux sécheresses à venir. Le développement des retenues artificielles devient une des réponses possible qui s’offre aux agriculteurs.

On distingue deux types de retenues artificielles :

  • La retenue de substitution qui est un plan d’eau artificiel se remplissant en hiver, par ruissellement et/ou par pompage en nappe/ rivière, et qui remplace un prélèvement estival.
  • Une retenue artificielle est un plan d’eau qui se remplit en hiver, par ruissellement et/ou par pompage en nappe/rivière, et qui ne remplace pas un prélèvement estival. Il s’agit donc d’un nouveau prélèvement. Parmi ces retenues on distingue le cas particulier des retenues collinaires qui ne se remplissent que par ruissellement (y compris les eaux de drainage).

Compte-tenu des enjeux et des impacts, il est nécessaire que la réflexion collective débute le plus en amont possible

  • point sur les alternatives agronomiques;
  • recensement, localisation et quantification des besoins et des projets;
  • recensement, localisation et quantification des autres ressources potentiellement mobilisables (eaux usées, industriels, ...) ;
  • point sur la dimension économique;

Cette première approche peut être pilotée par la Chambre d’agriculture. Elle aboutira à une cartographie des besoins, ressources et opportunités. Puis des études complémentaires pourront être conduites, sous l’égide des SAGE par exemple, sur ce qui touche à la définition de volumes prélevables, la mise en place d’une gestion collective, une opportunité de réutilisation.

Une fois que les réflexions évoquées ci-dessus ont démontré la pertinence pour l’exploitant concerné de créer une retenue artificielle, il convient d’envisager sa création en prenant en considération les points suivants.

Le choix du site.
Outre les contraintes liées au foncier et à l’organisation du parcellaire, le site envisagé ne doit pas être situé sur une zone humide ou en travers d’un cours d’eau. Ce type de dispositif est en effet totalement proscrit pour tout type de retenue. Il doit également éviter toute destruction d’espèces protégées.

Le mode de remplissage.
Les études doivent garantir que le remplissage ne porte pas atteinte au milieu naturel. Cette évaluation se fera en tenant compte de toutes les retenues existantes, ainsi que de tous les projets connus.

La réglementation applicable.
La création d’une retenue est soumise à une procédure d’autorisation ou de déclaration prévue par le code de l’environnement. Cette procédure vise à vérifier que l’impact de la création de la retenue sur le milieu naturel est acceptable. Le dossier doit également présenter l’incidence du projet sur Natura 2000 La direction départementale des territoires et de la mer assure la police de l’eau. La réalisation de ces études et le montage de ces dossiers peuvent être assez complexes et nécessitent l’intervention d’un bureau d’études spécialisé à la charge du maître d’ouvrage sans que cela ne soit obligatoire.

Contact Chambre

Pauline Rayssac

Conseillère projets d'irrigation, animatrice territoriale Corbières-Minervois

Tél : +33 4 68 11 79 13