Initiation à la biodiversité en Grandes Cultures dans le Lauragais

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Les agriculteurs sont les premiers acteurs de l’environnement. Conseils pratiques et respect de la règlementation ont permis d’approfondir leurs connaissances.

En France métropolitaine, la biodiversité est intimement liée à l’agriculture, le pays comptant près de la moitié de son territoire en surface agricole (45% selon la Statistique agricole annuelle Agreste 2016). D’un côté l’homme est artisan du paysage par ses activités agricoles. Les milieux ainsi façonnés représentent des écosystèmes à part entière, tels les landes créées par la pâture des troupeaux d’élevage, et les espaces ouverts des plaines céréalières. Certaines espèces typiquement agricoles en sont devenues dépendantes pour leur survie. Inversement, la production agricole est directement liée au fonctionnement des écosystèmes et bénéficie de la richesse de la biodiversité végétale et animale. La biodiversité dite «fonctionnelle» rend de nombreux services à l’agriculture : croissance des plantes, pollinisation, vie et fertilité du sol etc. Une des fonctions qui intéresse de plus en plus les agriculteurs est la régulation des populations de ravageurs par leurs ennemis naturels, les «auxiliaires». Le plus connu d’entre eux est la coccinelle. Sa consommation de pucerons en fait l’alliée idéale des producteurs.

Les agriculteurs du Lauragais audois s’intéressent à la biodiversité fonctionnelle et aux auxiliaires pour diverses raisons : lassitude envers les insecticides, volonté de réduire les investissements financiers dans les traitements phytosanitaires, sensibilité à la protection de la nature, nécessité de respecter la réglementation. Ils ont déjà quelques notions sur les auxiliaires de régulation, mais sont en demande d’informations complémentaires, ainsi que de conseils pratiques en protection des cultures et en gestion des éléments semi-naturels qui tiennent compte de la biodiversité fonctionnelle :

« Je n’aime pas les insecticides, si je pouvais m’en passer ça serait mieux. Je suis à la recherche de solutions alternatives. »

« J’ai un projet d’aménagement de bassin, je m’interroge sur le type de plantes à mettre pour favoriser les insectes et donner un cadre agréable pour les promeneurs »

« J’ai planté des haies sur l’exploitation et je veux en mettre d’autres, j’ai remarqué que l’aspect brisevent avait un effet positif sur la croissance du maïs, et je voudrais en savoir plus sur les autres effets. »

Pour répondre à ces attentes, la Chambre d’agriculture de l’Aude et l’ADAOA ont pris appui sur une stagiaire pour initier un travail sur le sujet : l’objectif est d’ouvrir le champ de connaissances et de compétences des agriculteurs et conseillers techniques sur la biodiversité fonctionnelle, en faisant le lien avec les enjeux environnementaux (érosion des sols, protection de la biodiversité patrimoniale). Ce projet s’insère dans une démarche globale d’évolution des pratiques agricoles et de gestion du paysage portée par les agriculteurs, la Chambre d’agriculture de l’Aude, et les acteurs locaux.

Une série de trois ateliers collectifs sur le terrain a été proposée aux agriculteurs intéressés. Ces sorties avaient pour but d’approfondir leur connaissance des ravageurs problématiques du Lauragais (taupins, limaces, pucerons), de présenter leurs prédateurs naturels (auxiliaires), et les pratiques culturales et de gestion du paysage qui favorisent ces derniers.

Les savoirs acquis lors de ce projet permettent désormais aux conseillers techniques de la CA11 de dégager quelques pistes de conseil de lutte contre les ravageurs en prenant en compte les auxiliaires. Ce projet a aussi ouvert des perspectives pour les futurs aménagements de haies sur le département : le choix des espèces végétales et de la disposition pourra se faire selon un objectif global qui tiendra compte à la fois de la biodiversité fonctionnelle, des enjeux érosion et de la protection de la faune avicole patrimoniale. D’autre part, suite aux informations recueillies sur les espèces végétales intéressantes pour le gibier et les auxiliaires, des propositions de mélanges à semer pour les couverts MAEC (Mesures Agroenvironnementales et climatiques) sont à l’étude.

Un atelier autour des haies et des surfaces fleuries

Un atelier autour des haies et des surfaces fleuries a complété ce programme pédagogique, en partenariat avec les Pépinières de l’Aude et l’association Arbres et Paysages 11. Les thématiques abordées autour de ces infrastructures agro-écologiques sont diverses : services rendus à l’agriculture, potentiel d’accueil des auxiliaires, comment choisir les espèces végétales en faveur de la biodiversité fonctionnelle, quelles sont les recommandations pour l’implantation et l’entretien. Les partenaires invités ont apporté un éclairage technique sur la haie champêtre.

Le bilan

Au total ce sont 15 agriculteurs céréaliers du Lauragais, 5 conseillers et animateurs de la Chambre d’agriculture, ainsi que 5 partenaires locaux qui ont assisté à ces ateliers. A l’issue de ce programme, des fiches sur les ravageurs et les auxiliaires ont été proposées pour diffusion auprès des participants.

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